Article 1er
La présente loi règle une matière visée à l'article 74 de la Constitution.
Loi du 26 avril 2024 établissant un cadre pour la cybersécurité des réseaux et systèmes d'information d'intérêt général pour la sécurité publique. Publiée le 17 mai 2024, en vigueur depuis le 18 octobre 2024.
Ce que cette page reproduit
La loi compte 98 articles. Cette page en reproduit 15 : ceux qui créent une obligation directe pour les entités. Les autres organisent les autorités, la coopération européenne et les procédures de recours.
Le texte qui fait foi est celui publié au Moniteur belge : Loi du 26 avril 2024 établissant un cadre pour la cybersécurité des réseaux et systèmes d'information d'intérêt général pour la sécurité publique.
Qui est concerné, à partir de quel seuil, et avec quelles exclusions. Articles 1 à 14.
La présente loi règle une matière visée à l'article 74 de la Constitution.
La présente loi vise notamment à transposer la directive (UE) 2022/2555 du Parlement européen et du Conseil du 14 décembre 2022 concernant des mesures destinées à assurer un niveau élevé commun de cybersécurité dans l'ensemble de l'Union, modifiant le règlement (UE) n° 910/2014 et la directive (UE) 2018/1972, et abrogeant la directive (UE) 2016/1148 (directive NIS2).
§ 1er. La présente loi s'applique:
Ne sont pas soumis à la présente loi:
Le CCB comme autorité nationale, le CSIRT, leurs pouvoirs. Articles 15 à 29.
§ 2. Le Centre pour la Cybersécurité Belgique (CCB) assure la fonction d'autorité nationale compétente en matière de cybersécurité, sauf disposition contraire du Roi.
Le cœur des obligations : l'article 30 et le régime de notification d'incident. Articles 30 à 40.
§ 1er. Les entités essentielles et importantes prennent des mesures techniques, opérationnelles et organisationnelles appropriées et proportionnées pour gérer les risques menaçant la sécurité de leurs réseaux et systèmes d'information et pour prévenir ou réduire au minimum l'incidence des incidents sur les destinataires de leurs services et sur d'autres services.
§ 2. Ces mesures garantissent un niveau de sécurité adapté au risque existant, compte tenu de l'état des connaissances, des coûts de mise en œuvre, de la nature et du contexte de l'activité, des risques propres aux systèmes utilisés et des normes européennes et internationales applicables. C'est le fondement du principe de proportionnalité : une entité de 60 personnes n'est pas tenue au dispositif d'un opérateur d'infrastructure critique.
§ 3. Les mesures comportent au moins les 11 éléments suivants. Chacun renvoie aux contrôles ISO 27001:2022 et aux mesures CyFun qui le couvrent.
Disposer d'une méthodologie d'analyse des risques documentée, d'un registre des risques tenu à jour et d'une politique de sécurité approuvée par la direction.
Détecter, qualifier, traiter et capitaliser sur les incidents, avec les délais de notification réglementaires (24 h / 72 h / 1 mois).
BIA, PCA/PRA testés, sauvegardes restaurables et hors ligne, cellule de crise entraînée.
Cartographie des fournisseurs critiques, exigences contractuelles de sécurité, surveillance dans la durée.
SDLC sécurisé, gestion des vulnérabilités et des correctifs, divulgation coordonnée.
Programme d'audit interne, indicateurs, revue de direction — c'est la mesure que les inspections du CCB regardent en premier.
Socle d'hygiène (mises à jour, moindre privilège, sauvegardes) et sensibilisation régulière, dirigeants inclus.
Politique cryptographique, algorithmes et longueurs de clés approuvés, gestion du cycle de vie des clés.
Filtrage à l'embauche, départs, inventaire des actifs, revue périodique des droits.
MFA sur les accès distants, les comptes à privilèges et les applications critiques.
§ 1er. Les membres des organes de direction des entités essentielles et importantes approuvent les mesures de gestion des risques en matière de cybersécurité prises par ces entités, supervisent leur mise en œuvre et peuvent être tenus responsables des infractions à ces mesures.
§ 2. Les membres des organes de direction suivent une formation appropriée pour leur permettre de comprendre et d'évaluer les risques de cybersécurité.
§ 1er. Les entités essentielles et importantes notifient, sans retard injustifié, au CSIRT national ou à l'autorité compétente tout incident ayant un impact significatif sur la fourniture de leurs services.
La notification comporte au moins trois étapes:
1. Notification précoce (24 heures maximum)
2. Notification intermédiaire (72 heures)
3. Rapport final (1 mois)
Les échanges volontaires d'informations sur les menaces. Articles 41 à 46.
Les entités essentielles et importantes peuvent échanger entre elles des informations relatives aux cybermenaces (indicateurs de compromission, tactiques, techniques et procédures, alertes et recommandations de configuration), de manière bilatérale ou multilatérale, ou par l'intermédiaire de tiers de confiance. Le Roi peut encourager la création de communautés sectorielles ou intersectorielles de partage d'informations (ISAC).
L'autorité compétente publie annuellement un rapport de synthèse anonymisé : nombre et nature des incidents notifiés, tendances observées, principales menaces et vulnérabilités identifiées, et recommandations pour améliorer la cybersécurité.
Quelle autorité est compétente pour une entité multi-pays. Articles 47 à 51.
La Belgique exerce sa compétence à l'égard des entités établies sur son territoire et des entités non établies en Belgique qui y offrent des services. Lorsqu'une entité opère dans plusieurs États membres, l'État membre d'établissement est compétent, sans préjudice du droit des autres États membres de prendre des mesures pour assurer le respect de la loi sur leur territoire.
Les pouvoirs d'inspection, les amendes, les recours. Articles 52 à 62.
Entités essentielles
10 000 000 EUR ou 2 % du chiffre d'affaires mondial
Le montant le plus élevé des deux est retenu.
Entités importantes
7 000 000 EUR ou 1,4 % du chiffre d'affaires mondial
Le montant le plus élevé des deux est retenu.
§ 1er. L'autorité compétente peut infliger des amendes administratives en cas de:
L'articulation avec le RGPD et le secret des affaires. Articles 63 à 65.
Les traitements de données effectués dans le cadre de la loi respectent le RGPD (Règlement (UE) 2016/679) et la loi du 30 juillet 2018. Les autorités compétentes et le CSIRT mettent en œuvre les mesures techniques et organisationnelles appropriées ; les données ne sont conservées que pendant la durée nécessaire.
Stratégie nationale, registre des vulnérabilités, entrée en vigueur. Articles 66 à 98.
Le Roi établit et actualise régulièrement une stratégie nationale de cybersécurité définissant les objectifs stratégiques, le cadre de gouvernance, les mesures de détection et de réponse aux incidents, la gestion de crise, les mécanismes de coopération nationale et internationale, ainsi que les plans de formation et de sensibilisation.
L'annexe détermine la catégorie par défaut. La taille de l'entité et, le cas échéant, une identification par le CCB au titre de l'article 11 peuvent la modifier.
Entités essentielles
Une entité de ces secteurs qui atteint le seuil de grande entreprise est essentielle de plein droit. Sous ce seuil, elle relève en principe des entités importantes.
Entités importantes
Une entité de ces secteurs est importante dès qu'elle atteint le seuil de moyenne entreprise. Elle ne devient essentielle que si le CCB l'identifie comme telle au titre de l'article 11.
Cette page n'est pas un conseil juridique
Les articles sont reproduits pour permettre de s'y retrouver. La qualification d'une entité, l'appréciation de la proportionnalité des mesures et l'interprétation des délais relèvent d'une analyse au cas par cas, et le cas échéant d'un conseil juridique.
Mesure par mesure, ce qu'une inspection attend comme preuve.
Les articles 34 et 35 appliqués : qui, à qui, dans quel délai, avec quel contenu.
Les pouvoirs des articles 52 à 54 et le déroulement d'un contrôle.
L'article 56 et les mesures non financières qui l'accompagnent.